Pourquoi augmenter la durée de validité des pass n’est pas LA solution pour augmenter le taux d’utilisation des pass numériques ? 

Les vrais leviers pour lever les freins de l’utilisation des pass numériques

De notre retour d'expérience, augmenter la durée de validité des pass n’augmente pas le taux d’utilisation des pass numériques. Au contraire, il favorise l’effet de procrastination induisant l’oubli dans le tiroir, tant côté bénéficiaires que du côté des distributeurs. Il s’agit d’un comportement humain: plus la date butoir d’utilisation d’un bon “bon cadeau” est lointaine, plus on prend le temps de l’utiliser. Le fameux “Report à plus tard” ! Il s’agit de la stratégie appliquée par les entreprises qui vendent des boîtes cadeaux, dont la performance économique repose sur le taux de non consommation des boîtes, permettant ainsi d’éviter le contre-paiement des prestations aux partenaires. Nos analyses et les données recueillies indiquent que le taux de scan le plus satisfaisant se réalise sur des déploiements courts et efficacement organisés d’une durée d’environ 4 mois. Il s’agit bien d’une illusion de penser que plus le déploiement est long, meilleur sera le taux d’utilisation des pass numériques .

Lors de la constatation d’un taux d’utilisation des pass numériques déceptif, le premier réflexe est de souhaiter en augmenter le temps d’utilisation alors qu’il convient davantage de s’attarder sur les vraies raisons de ce manque d’utilisation des pass numériques de la part des bénéficiaires et/ou de la non distribution de ces pass numériques par les distributeurs. Plusieurs leviers peuvent être activés pour lever ces freins : 

- l’identification du public cible pour une meilleure définition du réseau de distribution.

- la construction d’une stratégie de distribution (stratégie / mécanisme / protocole de distribution)

- la constitution de réseaux territoriaux de distribution

- l’accompagnement des distributeurs dans la présentation du dispositif lors de la remise des carnets en s’appuyant sur les leviers de motivation des bénéficiaires afin d’améliorer leur taux de consommation

-Définition de parcours de médiation numérique permettant de mieux orienter les bénéficiaires.

-Diagnostic de l’offre de médiation numérique sur le territoire.


Une confusion de l’information et un risque d’incompréhension

Une prolongation de la durée des pass numériques risque de semer la confusion des bénéficiaires sur la compréhension de la date de validité réelle des pass qui ne sera donc, de fait, pas visible sur les pass numériques déjà “dans les mains” des bénéficiaires qui risquent de les jeter à la poubelle, puisque rien ne leur indique que la date de fin d’utilisation est prolongée. Cela conduit à un impact social fortement réduit consécutif à un taux d’utilisation lui-même fortement réduit.

Une dimension pédagogique à respecter


Il existe une dimension pédagogique dans le “bon usage” du pass par son bénéficiaire. Et notamment pour ce qui concerne le respect des dates de validités indiquées. L’usage du Pass #APTIC ne peut pas aller en sens contraire des travaux sur l’éducation financière, et notamment les enjeux d’éducation financière des personnes fragiles, tels que documentés par la Banque de France. Ainsi, émettre des pass sur lesquels figurent des dates de validité que nous demanderions délibérément d’outrepasser, est de nature à développer une pratique du non-respect des mentions obligatoires figurant sur les titres de paiement qui pourrait s’avérer terriblement contre-productif vis-à-vis des populations fragiles que nous entendons accompagner. C’est aussi pour cette raison que la mécanisme de prolongation n’existe pas dans le modèle #APTIC.

Une consolidation financière des acteurs de médiation numérique ralentie

Une prolongation de la durée de validité des pass numériques va également à l’encontre des mesures de soutien mises en place pour accompagner et soutenir les acteurs de médiation numérique notamment dans leur consolidation financière.